ANDALOUSIE - 29 Juin /18 Juillet 2011

Sevilla

Tout juste un an aprés avoir terminé notre tour du monde à Madrid, nous retournons en Espagne. Nos sacs à nouveau sur le dos, nous partons pour 3 semaines, explorer l'une des plus célèbres régions d'Espagne : L'Andalousie.

Quelques infos pratiques:

- Températures au mois de Juillet : Dans les terres, les maximales oscillent entre 35°C et 42 °C en plein aprés-midi. Les soirées sont chaudes, les matinées agréables. En montagne, malgré l'altitude, la chaleur est intense dès que le soleil brille. A 3500m, un coupe-vent est nécessaire et un duvet pour passer la nuit.

- Transport : Il y a des liaisons en bus entre toutes les villes, environ 10 euros les 2h de trajet. On peut acheter son billet le jour même dans la station de bus. Pour les petites villes, se renseigner sur les horaires car certaines liaisons ne sont pas fréquentes. Des liaisons en train existent aussi.

- Logement : Pour dormir en auberge de jeunesse dans les grandes villes au mois de juillet, mieux vaut réserver au moins quelques jours à l'avance. En montagne dans les Alpujarras, il est possible de faire du camping sauvage ; à partir du moment où l'on s'éloigne un peu des villages, pas de risque d'être dérangés, les sentiers sont déserts (hormis le fameux site au pied du Mulhacen, au contraire, trés prisé).

Sevilla

Coeur de l'Andalousie, Séville surpasse tout ce que l'on a pu entendre avant d'y venir à son sujet. C'est une ville pleine de surprises, à découvrir, à son ryhtme.

 A ne pas manquer:

- Se perdre dans les moindres recoins de l'Alcazar et ses jardins

- Admirer l'immensité de la cathédrale

- Assister à une Corrida

- Déboucher sur la Plaza de Espana aprés une balade dans le parc Maria Luisa

 

 

Principes de la Corrida :

Tous les participants défilent et après l'entrée du taureau, le Matador " fait connaissance" avec lui pendant environ 5min : c'est le paseo. Il y a ensuite 3 parties:

- Deux picadors à cheval blessent le taureau avec une longue pique

- Les banderilleros plantent trois paires de banderilles dans le dos du taureau

. Le Matador entre à nouveau en scène, et aprés une "danse" avec le taureau, il le met à mort par un coup final porté avec son épée.

L'orchestre anime le spectacle, mais ne joue que lorsque le chef d'orchestre estime que les prestations du Matador sont bonnes. C'est le président de l'arène qui juge, à la fin du combat, de la qualité du spectacle. Il décide d'alors d'attribuer ou non un trophée au Matador : 1 oreille, 2 oreilles, ou 2 oreilles et la queue ! Le taureau mort est tiré hors de l'arène par des chevaux, tandis que le Matador et son trophée font un tour d'honneur.

Cordoba

 Calme et charmante, Cordoba est loin de l'animation de Seville ou Grenade. On se prend facilement à flâner dans les petites rues du quartier juif, sur le pont du Guadalquivir ou dans les patios fleuris du palais de Viana. La cathédrale aux allures de mosquée est unique en son genre.

 A ne pas manquer:

- L'intérieur de la cathédrale

- El Palacio de Viana et ses patios

- Les ruelles du quartier Juif

Astuces Les Sacs sur Pattes

- Pour supporter les 42°C de l'aprés-midi: Le camping El Brillante n'a rien de particulier mais a le grand avantage de disposer d'une piscine immense pour quelques campeurs. A environ 30 min à pied du centre (ou 10 min en bus).

- Pour ne pas chercher la synagogue pendant 2h comme nous : ne pas s'attendre à quelque chose d'impressionnant - c'est une toute petite porte simple - et tourner à droite aprés avoir traversé le Zoco, 1ère porte à gauche.

Granada

Granada donne l'allure d'une ville au rythme effréné. Les rues du centre sont pleines de monde, de magasins de chaussures et de restaurants. Au contraire, si l'on monte un peu dans le quartier de l'Albacin et vers le Camino del Sacromonte, les ruelles blanches sont désertes et paisibles. Même si l'Alhambra est visible au loin, on ne devine pas les surprises qui nous attendent lors de la visite des différents palais, forts et jardins...

 A ne pas manquer:

- L'Alhambra : à arpenter en long et en large, et à admirer depuis le mirador de San Nicolas

- El camino del Sacromonte et ses maisons troglodytes

- Profiter des spectacles estivaux pour découvrir le Flamenco. Originaire du peuple gitan d'Andalousie, ce sont des chants souvent tristes et profonds, accompagnés par des danses expressives et prenantes. On se laisse vite emporter par le serieux et l'implication des chanteurs et danseuses, qui semblent mettre tout leur coeur dans leur art.

Astuces Les Sacs sur Pattes

- On peut réserver les billets pour l'Alhambra sur les distributeurs automatiques de la Caixa banque. La machine semble antique et branlante mais elle délivre bien les billets. Pour avoir une place en matinée, mieux vaut s'y prendre quelques jours à l'avance. Pour l'aprés-midi, la veille semble suffire.

- Pour déguster des tapas en dehors du centre touristique : la plaza de Gracia quelques rues au Sud. La place ne désemplit pas de la soirée et toutes les générations s'y retrouvent.

Trek dans les Alpujarras

La Sierra Nevada (espagnole, pas américaine!) est le massif le plus haut de toute l'Europe occidentale après les Alpes. Son pic, le mont Mulhacen, est le plus élevé de la péninsule ibérique.

Nous avons traversé une grande partie de la région des Alpujarras, traversant de nombreux petits villages blancs accrochés aux montagnes. Notre trek nous a amené de la végétation aride de Lanjaron (700m) au sommet du Mulhacen (3483m).

La région des Alpujarras est facilement accessible et convient parfaitement à des randonneurs occasionels, voir novices. Le mont Mulhacen n'est d'ailleurs pas un sommet compliqué à grimper en été, ce qui peut ravir de nombreux enfants! Le moyen le plus simple est d'emprunter une route (4*4) qui monte jusqu'à 3100m pour terminer la dernière partie de la montée par une petite heure de marche (environ 400m de dénivelé).

Mais revenons sur l'ensemble de notre trek de 4 jours, beaucoup plus intéressant : l'ascension du mont Mulhacen n'étant que le défi 'sportif', prétexte à la découverte de cette très belle région.

Nota: pour nous guider dans cette petite aventure, nous avons utilisé le livre de Charles Davis, "Walk! the Alpujarras" (Discovery Walking Guides). Ce guide est à garder dans ses mains tout au long du trek car il peut vous sauver de plusieurs mésaventures !! (comme se retrouver nez à nez avec un taureau, se perdre et traverser une rivière avec son sac, prêt à être renversé par le fort courant de l'eau....)

Une carte est vendue en option pour le double du prix. Elle n'est pas très utile sauf si vous voulez impressionner les autres randonneurs ; effet garanti si en plus vous sortez le compas et la bonne vieille boussole. N'oubliez pas de cacher votre GPS pour être plus crédible!!

Pratique: Le camping sauvage est toléré dans les Alpujarras, mais il y a de nombreux petits villages traversés tout au long du parcours. Plus haut, il y a deux refuges dont le dernier, au pied du Mont Mulhacen, est gratuit. Le chemin est relativement bien indiqué, il faut parfois avoir un peu le sens de l'orientation, surtout pour lever les doutes lorsqu'on remonte un ruisseau asséché!

Concernant l'eau et la nourriture, il y a des fontaines dans chaque village et des petites superettes. Plus haut, vous pouvez boire l'eau des ruisseaux (vous pouvez mettre des pastilles purifiantes si vous n'avez pas confiance:!)

Pour le sac à dos, vous pouvez voyager léger : il fait chaud en bas. Vous aurez seulement besoin d'un coupe-vent et d'une petite polaire le jour de l'ascension du Mont Mulhacen.

Accès via un bus Grenade <--> Lanjaron : attention au retour, le bus peut être bondé à partir de Pitres les jours de grande affluence (WE principalement).

 

Jour 1 : On arrive à Lanjaron à 17h, après 1h de bus depuis Grenade. On met un peu de temps à trouver le début du GR7. Une fois trouvé, le chemin est bien balisé, mais le soleil tape fort et il y a très peu d'ombre dans ce début de parcours. Après un petit échauffement de 3h, on met en place notre campement juste à coté d'une bâtisse en pierre abandonnée. Premier repas dans la nature, première nuit dans notre tente...

Jour 2 : Levés aux aurores, on rejoint rapidement le village de Canar. On en profite pour se réapprovisioner et faire le plein d'eau pour la matinée. 1h de marche après Canar (toujours sur le GR7), on passe un premier spot magnifique : une large rivière bordée d'arbres, un aqueduc et une belle chute d'eau... Idéal pour faire une pause. Ensuite, direction Pampaneira : la chemin est agréable, souvent ombragé, avec peu de dénivelé... On se retrouve parfois à marcher dans des ruisseaux asséchés (quoi que, pas toujours!). A partir de Pampaneira, les choses sérieuses commencent : la montée vers le Mont Mulhacen! Le chemin pour rejoindre Capileira, via Bubion, n'est pas facile. Non seulement il grimpe pas mal, mais en plus, on emprunte un ruisseau étroit pendant une grande partie de la montée, coincés entre les buissons et les ronces de chaque coté... On ressort tout griffés et bien fatigués. Maintenant, il nous faut un spot pour camper, pas facile le long de ces chemins pentus et caillouteux. On trace la route jusqu'à croiser la principale rivière de la vallée, plus propice pour installer notre tente. On en profite aussi pour se laver.

Sur le passage, tous les villages traversés sont typiques des Alpujarras : tout blancs, avec de petites ruelles étroites et escarpés... Idéaux pour flâner, profiter de la place de l'église et reprendre des forces.

Jour 3 : Nous partons à la fraiche car une grosse journée nous attend : 1900 mètres de dénivelé !! Première étape : rejoindre une station hydroélectrique. Ensuite, nous suivons une large vallée, avec une végétation bien représentative de la montagne. Nous profitons de la rivière de cette vallée pour faire des pauses rafraîchissantes. Notre objectif de manger au refuge de Poqueira se réalise vers 13h. Nous reprenons des forces (notamment avec une petite sieste!) car il nous reste encore 1100 mètres de dénivelé. Nous suivons alors le ruisseau venant du mont Mulhacen, enfin visible. Les premiers kilomètres sont assez abruptes et rocailleux. Nous arrivons ensuite sur de grands espaces verts, des Lagunes, accueillis par les bouquetins au pied du Mont Mulhacen. Il y a un refuge mais nous n'avons pas pris notre tente pour rien! Nous plantons notre tente, mangeons, faisons une petite promenade et profitons du coucher de soleil.

Jour 4 : Après une nuit fraiche et venteuse, nous commençons notre dernière ascension vers le sommet, 600 mètres à vitesse constante, avalés à pas réguliers. Au sommet, nous profitons de la vue, pas loin de distinguer le continent africain. La neige est bien sur de la partie, ainsi que le vent! On amorce la descente vers une autre belle vallée, pour mériter une petite sieste à la lagune Hondera et sa belle cascade. Nous reprenons la route, en croisant de nombreux marcheurs qui montent par l'autre coté pour rejoindre le Mont Mulhacen. A midi, nous ne sommes qu'à 2h de Trevelez, notre village d'arrivée. Mais comme nous avons de l'avance sur nos prévisions, nous décidons de prendre un autre chemin pour rejoindre Trevelez. Seulement celui-ci n'est quasiment pas emprunté !! On se retrouve à chercher notre chemin, à couper à travers des champs peuplés de taureaux, à traverser des rivières jusqu'à 1 mètre de fond... Bref, on improvise, avec notre sens de l'orientation qui s'améliore à force de s'essayer sur des chemins déserts, pour retrouver enfin le second chemin qui retourne sur Trevelez. Trempés et fatigués, nous camperons au bord d'une rivière, eau fraîche pour nos corps et nos vêtements.

Jour 5 : Dernier jour de marche, décrassage de 2h pour arriver à Trevelez, au lendemain de la fête du village. Nous visiterons ce dernier village en attendant le bus du retour pour Grenade, et prendre notre correspondance pour Malaga.

 

Malaga

Avec des bâtiments vieillissants et des rues entières en travaux, Malaga n'est pas une ville trés attirante au premier abord. On croise des touristes étrangers par dizaines, en route pour la plage une glace à la main, en train de flâner dans les boutiques, ou sur les terrasses des restaurants. Pourtant, la plage n'a rien d'un paradis pour les vacances. Etroite et bondée, elle est coincée entre le port et les barres d'immeubles. Mais Malaga a quand même certains intêrets : l'Alcazaba vaut la visite, le Musée Picasso intéréssera les fans et les curieux, et le centre reste joli et agréable.

Surveillez les affiches : l'université de Malaga organise des concerts durant l'été. L'occasion de découvrir un style déroutant, mais qui fait danser les jeunes espagnols :  voir la vidéo

Ronda

Ronda est une petite ville de la province de Malaga. Les touristes affluent par cars entiers dès la fin de matinée, mais ce n'est pas pour rien : des arènes parmi les plus anciennes d'Espagne, un pont célèbre, et une vieille ville posée au sommet d'une falaise, ... le détour vaut la peine.

 A ne pas manquer:

- Les arènes le matin. Avant que les cars n'aient déversé les groupes de visiteurs, on peut se balader seul au milieu d'une des plus anciennes arènes d'Andalousie.

- Le pont : vue d'en bas, d'en haut, d'en face, de derrière, ...

- La vieille ville, ses ruelles et son chemin sous les remparts

Astuces Les Sacs sur Pattes

Pour ne pas traverser toute la ville à pied sans raison (par expérience) : Ne surtout pas descendre du bus au premier arrêt aprés le panneau Ronda, même si dans toutes les villes précédentes il y avait un seul stop express au bord de la route : il y a bien une station de bus à Ronda !

Cadiz

Aprés avoir eu un aperçu de la Costa del Sol à Malaga, nous avons tout de suite préféré l'ambiance de Cadiz et de la Costa de la Luz. Une plage qui s'étend à marée basse, laissant les bateaux tranquillement posés sur les rochers, d'anciennes fortifications au bout de l'île qui nous emmènent jusqu'au milieu de l'eau, et un centre ville joyeux et populaire, plein d'animation. Ici aussi, les touristes sont nombreux mais semblent être en majorité des locaux.

 A ne pas manquer:

- L'animation des places du centre ville en soirée

- Le coucher de soleil sur le Castillo de San Sebastian (Parce qu'on l'a raté !!)

- La plage paisible au petit matin (jusqu'à 11h pour rester au rythme espagnol)

Astuces Les Sacs sur Pattes

- Une bière et un sandwich à l'ombre d'un parasol : 100 Montaditos. C'est à Cadiz que nous avons découvert cette chaîne, présente dans toutes les grandes villes, et qui propose 100 Montaditos = petits sandwich différents. Et pour un sandwich acheté, la pinte est à 1€ ! Attention, les places à l'ombre aux heures de pointe (15h / 21h) sont chères.

- Il semble n'y avoir que deux auberges de jeunesse à Cadiz: disponibilité non garantie quelques jours à l'avance au mois de juillet.

Jerez de la frontera

Astuces Les Sacs sur Pattes

- Il y a principalement deux caves qui proposent des visites avec dégustation : Tio Pepe (il y a de la pub partout on ne peut pas la rater), et Pedro Domecq (petits groupes et dégustation de qualité).

- Un hôtel trés joli, bien placé, et pas cher : Hostal Las Palomas.

Jerez de la Frontera semble bien moins connue des grands sentiers touristiques. Parfaite pour les amoureux des églises - il y en a une différente à chaque coin de rue - , Jerez est surtout réputée pour son vin. La visite d'une cave semble donc s'imposer pour en apprendre un peu plus sur les vins du coin:

Les vins de Jerez sont tous élaborés à partir de la même variété de raisin, le Palomino. Le vin fermente dans des fûts de chêne, pendant plus ou moins longtemps selon le type souhaité. Une méthode appelée "Solera" consiste à transferer le vin d'un fût à un autre, dans un ordre logique mais complexe, afin d'obtenir les différents types de vin :

- Les Finos : trés clairs, qui fermentent protégés par une couche de "Flor", environ 15°

- Les Amontillados : plus fonçés, vieillis plus longtemps sans la "Flor", environ 17°

- Les Olorosos : ambrés, vieillis à nouveau par oxydation, environ 19°

 A cause de la méthode "Solera" utilisée, les vins ne peuvent pas être caractérisés par leur année comme en France. Les différents vins peuvent être transformés en Brandy par distillation, une liqueur à environ 36°, proche du Cognac. Le fameux "Sherry" trés apprécié des anglais est en fait du vin de Jerez.

 Comme il n'y a tout de même pas que du vin à Jerez, un petit mot sur l'Alcazaba: moins impressionnant que celui de Seville ou Cordoue, il présente des particularités intéressantes (ancien moulin à huile d'olive, bains arabes,...)