JORDANIE - 7 / 22 Septembre 2012

Amman

Nous voulions jouer aux explorateurs et s'infiltrer dans le temple de Petra tel Indiana Jones. Raté, le lieu est maintenant connu, mais loin d'être déçus, nous avons découvert bien plus... des paysages saisissants, des vestiges nabatéens, omeyyades et romains, une culture rythmée par l'appel du muezzin, et une population particulièrement chaleureuse. Alors, comme on nous l'a si souvent répété là-bas : Welcome in Jordan !

Amman

7/09: Dès la sortie de l'aéroport, le ton est donné : un bus qui fonce sur des routes sans voies définies, un paysage désertique et soudain les pentes denses de la capitale, un chauffeur de taxi bavard et sympathique qui nous dépose en marche arrière dans une rue en sens interdit,... bienvenue à Amman.

Le voyage a duré toute la journée et il nous reste peu de temps avant le coucher du soleil. On part faire un tour dans la ville basse et ses rues commerçantes, jusqu'à l'amphithéatre dont la place est un grand terrain de jeu pour les jeunes. Puis, on s'attaque aux rues pentues de la ville pour rejoindre la citadelle. Nous voyant un peu perdus, un vieux monsieur nous indique un passage entre des pierres et des maisons. Grâce à lui, on rejoint le sommet de la ville juste avant le coucher du soleil. Et quand celui-ci disparait derrière les collines, les minarets s'allument, toute la ville se calme, et on n'entend plus que les chants de l'appel à la prière qui résonnent tout autour de nous.

On tente de quitter la citadelle par l'entrée normale, mais celle-ci est en fait fermée le soir, alors on reprend notre passage secret entre les pierres. Merci à notre indicateur ! Une fois en bas, on cherche un coin où manger, et on se décide pour ce qui semble être une cafeteria. Derrière le comptoir un choix de gateaux,

et trois grandes poeles où réchauffent feuilletés, omelettes ou autres choses indiscernables. On prend un peu de chaque, tandis que le serveur à l'air étonné de nos choix... Une fois à table, on comprend. On s'est arrêté au comptoir à patisserie, et les grandes poeles ne contenaient que des desserts (roulés fromage/miel, vermicelles sucrés,...). Nous voilà avec un repas complet bien sucré ! Au moins, on aura testé toutes les spécialités patissières du coin en une soirée...

08/09: La mission du jour est simple : rejoindre Petra. Mais, il faut croire qu'on aime bien faire compliqué. On part à pied vers une des "stations de bus" de la ville qui ne semble pas loin. Mais après 30 minutes, on ne trouve rien de mieux qu'un grand parking presque désert, et on est finalement obligés de prendre un taxi pour la station de bus du Sud (on aurait pu faire ça en bas de l'hotel). Là, on trouve bien un mini-bus qui nous emmènera à Petra... à son rythme.

Petra

Nous étions venus pour jouer les explorateurs ; c'est ce qu'on a fait. Réveil à 5h tous les matins, presque avec la mosquée, pour être les premiers sur le site et profiter de la magie des lieux en toute tranquilité. Pendant trois jours nous avons parcouru la vallée, depuis le kazneh, au monastère, en passant par le haut lieu du sacrifice et en grimpant jusqu'au sommet du Mont Aaron. Mais inutile d'épiloguer pendant des heures sur Petra, les images parlent d'elles-mêmes.

Astuces Les Sacs sur Pattes

Malgré les propos mitigés du routard, il n'y a pas besoin de guide pour rejoindre le sommet du mont Aaron. Suivre la pseudo-route de sable qui part du bout de la ville basse, jusqu'à ce qu'elle s'arrête. De là, on aperçoit les reflets blancs du monastère au sommet. Il parait bien loin... et c'est le cas, mais la montée vaut la peine. Ne pas oublier de faire un petit détour à gauche sur le dernier plateau pour demander les clès du monastère au gardien, sous peine d'être comme nous, coincés dehors ! Heureusement, on se contente sans problème de la magnifique vue sur toute la vallée.

Wadi Rum

12-13-14/09: On quitte Petra pour le Wadi Rum, le désert au Sud de la Jordanie. Le wadi Rum est une réserve protégée et nous avons rendez-vous avec Atallah, un jeune bédouin qui sera notre guide pour les trois prochains jours. Finalement, au départ notre groupe s'agrandit puisque l'on embarque aussi Thibaut et Arianne qui cherchaient un guide, et Jade, qui travaille dans le tourisme ici depuis quelques mois. C'est donc la jeep pleine à craquer que l'on traverse le village de Rum, pour entrer dans la réserve.

Pendant trois jours, nous parcourons la réserve du Wadi Rum, assis sur le toit de la jeep. Atallah et Jade nous emmènent parcourir les canyons et gravir les montagnes qui jalonnent le désert. On ne s'encombre pas de détours inutiles, et on monte en général tout droit, sautant de pierre en pierre, au grand dam de Simon et avec un peu moins de grâce et d'agilité qu'Atallah quand même. On a ainsi pu grimper sur la grande arche du Jebel Burdha, monter au sommet de la Jordanie sur le Uma Dami (1854m), à la frontière avec l'Arabie Saoudite, se balader dans des canyons aux pierres violettes et roses dégoulinantes, et admirer bien d'autres beaux points de vue sur le désert, de jour comme au coucher du soleil, quand toutes les montagnes deviennent rouges.

Aqaba

Chaque soir, on pose le camp dans un lieu différent, contre une paroi rocheuse, ou dans un canyon. A peine arrivés, quelques brindilles rassemblées permettent de faire bouillir le thé ( à la méthode bédouine bien sûr, c'est à dire avec autant de sucre que l'eau peut en dissoudre). Puis, la préparation du repas prend toute la soirée. Les légumes et le poulet sont préparés avec minutie et cuits longuement sur le feu. En général, une fois rassasiés la fatigue nous rattrape, et chacun prend son matelas pour s'installer dans son coin de sable et de rocher, sous les étoiles...

Protéger le désert: Le Wadi Rum est une destination de plus en plus touristique en Jordanie, et face à cet afflux, des camps bétonnés sont construits à tout bout de champ dans le désert pour satisfaire au confort de touristes exigeants. Mais heureusement, certains bédouins se mobilisent et adoptent une démarche respectueuse de l'environnement en proposant des camps itinérants ou rien n'est laissé sur place. Et aucun confort ne vaut une nuit sous les étoiles et des balades loins des groupes touristiques. Pour les contacter : http://www.wadirum-authentique.com

15/09: Aqaba, c'est la station balnéaire de la Jordanie. Et avec seulement 26 km de côtes à son actif, il ne faut pas chercher les petites criques et les plages désertes. Les plages aménagées au Sud de la ville ne sont pas particulièrement attirantes, mais ce n'est pas l'important puisque c'est plutôt pour ce qui se trouve sous l'eau que l'on est là.

On dégote sans mal une chambre pour la nuit. C'est simple, tous les hôtels sont regroupés face à la plage, et il suffit de faire quelques mètres pour négocier un meilleur tarif dans celui d'à coté (quoique les clients ne manquent pas et la négociation n'est pas si simple ici... ). Après 3 jours dans le désert, on n'attend qu'une seule chose : prendre une douche. Mais après la douche, on enfile palmes et tuba pour plonger dans la mer rouge. La barrière de corail est toute proche, et après quelques tatonnements, on suit les coraux et on barbote au milieu des poissons (et des oursins !). Il y en a pour tous les goûts, petits, longs, plats, ronds, bleus, oranges, violets, à rayures et à pois, et même un gros tout rose avec les fesses bleues et des palmes...

 

 

 

 

 

 

16/09: Après notre journée barbotage, on quitte Aqaba pour retourner à Amman. C'est un peu l'expédition (stop jusqu'au centre, minibus pour ma'an, bus pour amman, taxi pour le centre), il nous faut 8h pour parcourir les 330km ... autant dire qu'on a eu le temps de voir du paysage. Et c'est en courant qu'on pose nos sacs dans notre chambre car on est attendus pour un cours de cuisine orientale (Beit Sitti). Au menu: Salade, Mattabal (sorte de purée d'aubergine et de sésame), Maglouba (une espèce de tarte tatin au poulet et au riz), et en dessert Kanafek (oui, c'est bien les vermicelles sucrés qu'on avait pris pour une omelette le premier soir). Tout ça accompagné bien sûr de notre pita fait main. Dégustation sur la terrasse face aux lumières de la ville...

 

 

Jerash

17/09: Retour à une civilisation que l'on connait mieux, les romains, qui sont venus jusqu'ici. La ville de Jerash se trouve à 50km au Nord d'Amman, et a en fait été grecque, puis romaine, puis byzantine. Les théatres et colonnes sont très bien conservés, les églises et temples ont subi plus de dégats.

 

Astuces Les Sacs sur Pattes

Pour rentrer à Amman en mini-bus, ne pas marcher jusqu'à la station mais prendre ceux qui s'arrêtent au croisement en face du site. Ou faire comme nous, marcher jusqu'à la station pour trouver un gentil chauffeur qui nous ramène d'où on vient, au croisement, pour prendre le bon bus !

Road Trip: Mer morte - Dana - Route du roi

Pour être un peu plus libre de nos déplacements qu'avec les mini-bus locaux, on a finalement décidé de s'aventurer sur le réseau routier Jordanien pendant quelques jours. Les routes ne sont pas mauvaises, bien au contraire, même si les lignes sont inexistantes et les panneaux d'une logique douteuse, mais c'est plutôt la conduite locale qui est légèrement différente de nos habitudes. Rouler à droite et prendre un rond-point dans le bon sens n'est pas du tout une évidence dans le coin, mais finalement cela a donné lieu à beaucoup plus de fous rires que de grosses frayeurs.

18/09: Carte en main pour la copilote, volant de la Kia bien tenu pour le pilote, on se lance dans les rues d'Amman avec un objectif : sortir de la ville. Bon, on a triché, on est partis à 6h du matin et ça nous a bien facilité la tâche. Au programme : une escapade dans les montagnes qui longent la mer morte où le petit moteur de la Kia a eu bien du mal à gravir les côtes, une balade entre les colonnes de Mukawir avec vue sur la mer morte et la Palestine, un stop dans le magasin d'un vieil homme un peu hostile sur le bord de la route où on n'a rien trouvé de mieux à acheter qu'une boîte de thon (ration de survie au cas où), un

 

concours de planches dans l'eau salée de la mer morte sous l'oeil des miradors qui surveillent la frontière, une randonnée dans le canyon du Madi Mujib avec de l'eau jusqu'à la taille et de l'escalade dans les cascades, la recherche d'autres canyons sans succès, la visite du chateau de Kerak et de ses souterrains, et ... avec tout ça il fallait s'en douter... on a du rouler jusqu'à Dana de nuit sur les routes de montagnes et traverser Tafilah (tout petit sur la carte mais qui a nous a paru plus grand que Lyon sur le moment). Ouf, à l'arrivée, on trouve un lit et du poulet !

19/09: On part en chantant dans la vallée... de Dana, ça descend, il fait encore bon, on dit bonjour aux moutons. C'est un peu plus loin que les choses se sont corsées. Plutôt que de faire comme tout le monde, au seul croisement, on prend légèrement vers le haut, "pour avoir une vue sur la vallée". Et ben on a réussi ! Et le chemin grimpant tranquillement, on s'est retrouvés sur les sentiers des chèvres, à flanc de montagnes, et à flanc de précipices. Comme on ne voulait pas faire demi-tour, on a continué, encore, jusqu'à dégoter un passage pas trop vertigineux pour redescendre dans le lit de la rivière et rejoindre le vrai sentier. Et là, déjà 4h dans les pieds, et il a fallu encore faire demi-tour pour remonter au village, en plein soleil, en plein aprem, ... de quoi finir de nous achever (voir la tête de Simon à l'arrivée sur les photos ! ). Du coup, on a passé la soirée dans un canapé à regarder un groupe de vieux palestiniens danser sur de la musique locale à un rythme endiablé et trés original. Et comme on n'avait pas réservé, on se retrouve à dormir sur le toit, mais on a de la chance, on a des tentes grand luxe !

20/09 : On reprend la Kia, pour retourner vers Madaba. De jour et de bon matin, Tafilah a retrouvé sa vraie taille de petite ville étalée. Mais la journée a surtout commencé par ce qu'on a raté : 3 stations essences jusqu'à risquer la panne, le Wadi Ibn Hammad où on a compris le panneau 30km après l'avoir passé, la baignade au barrage du Wadi Mujib où on n'a pas trouvé d'entrée sans barbelés, ... bon heureusement la vue vaut le trajet à elle seule. On trouve quand même Umm-ar-Kazas, une cité en ruine, puis la Bethanie, le lieu de baptème du Christ au bord du Jourdain (visite guidée obligatoire car nous sommes en territoire militaire, à quelques mètres seulement de la frontière avec la cisjordanie). On termine par une vue sur la terre promise depuis le mont Nebo où est passé Moïse, avant de s'installer à Madaba.

Est et Madaba

21/09: Dernière expédition, en route vers l'Est, par l'autoroute qui mène vers l'Irak et l'Arabie Saoudite. Nous n'allons pas jusqu'aux frontières mais à Azraq, la seule oasis dans l'est désertique du pays. Mais cette oasis s'assèche et la réserve naturelle du marais d'Azraq en est un bon témoignage. Le marais couvrait autrefois 25km² mais les nappes phréatiques sont sur-exploitées pour alimenter Amman et le Nord du pays. La réserve est maintenant réduite à une grande mare, où pataugent oiseaux et buffles d'eaux récemment réintroduits.

Cette route vers l'Est est surtout connue pour les chateaux Omeyyades qui s'y trouvent, chacun dans un style bien different. A noter, les poutres de pierre du chateau d'Azraq, les peintures érotiques du chateau d'Amra, et l'hostel d'époque du chateau de Kharana.

22/09: Avant de rejoindre l'aéroport, on profite de la matinée pour admirer toutes les mosaïques de Madaba, la plus importante ville chrétienne du pays ( on n'échappe pas au réveil des mosquées pour autant).