MADAGASCAR - 15 Juillet / 15 Août 2013

Antananarivo

La Tsiribihina

Antananarivo

A peine remis de nos émotions, on range soigneusement nos belles tenues de mariés pour enfiler l'attirail auquel on est plus habitué. Nos sacs à dos nous attendaient, on est prêts !

Un mois pour découvrir Madagascar, la grande île. Un mois, ça peut paraître long, mais c'est très court lorsqu'il s'agit de parcourir l'une des plus grandes îles du monde (1500km de long pour 500km de large), avec des climats et des paysages variés, et un réseau de transport bien différent de celui que l'on connait ...

Voyager à Madagascar, c'est découvrir une culture et des croyances bien spécifiques, une histoire liée à la notre, une faune et une flore qui n'existent nulle part ailleurs, des organisations et des modes de vie différents, mais c'est aussi prendre conscience de l'importance d'un gouvernement pour le développement d'une société.

16/07: Antananarivo ou "la cité des milles", nommée ainsi pour la garnison de mille soldats qui gardait le site lorsque le roi Andrianjaka décida d'en faire sa capitale en 1610. Pour nous, c'est surtout la ville des milles voitures,piétons, marchands,... par métre carré. Le premier mot malgache que l'on apprend dès l'aéroport est "moramora", tranquille, pour caractériser le mode de vie local. Mais la ville est loin d'être moramora, et chaque rue grouille de véhicules divers, piétons, marchands.

Notre premier passage dans la capitale est rapide. On prend l'après-midi pour monter dans la ville haute et visiter le Rova, connu comme le palais de la reine. D'en haut, on se rend compte de l'ampleur de la ville, installée entre les collines. Les quatres dernières nuits, très courtes, ont laissé quelques traces, et à 21h on dort...jusqu'à 10h. Ce sera d'ailleurs la seule grasse matinée du voyage !

17/07: Avant de quitter la capitale, on fait un tour sur l'avenue du l'indépendance et le célèbre escalier Ranavalona I qui monte jusqu'au jardin de l'indépendance. En début d'après-midi, on rejoint la station de taxi-brousse du sud, la plus grande. Notre taxi est encore à 300m de la station que les rabatteurs sont déjà accrochés à la fenêtre pour voir où on va. On n'a donc que l'embarras du choix, et on en suit un au hasard. On n'est pas encore rodés mais on ne le sait pas encore... Le véhicule choisi ne partira qu'une heure après et on est installés à deux sur un strapontin. C'est presque pas mal, et il n'y a que quatre heures de route pour Antsirabe... (162km via la RN7 en très bon état).

La Tsiribihina

18/07: On a tout juste le temps de faire un tour dans la ville d'Antsirabe, la troisième ville du pays, beaucoup plus petite et calme que Tana. Ici les hordes de taxis 4L beiges ont été remplacées par des centaines de pousse-pousse qui patientent sagement sur les bords des rues. On a rendez-vous à 10h avec le guide qui nous accompagnera pour faire la descente de la Tsiribihina en pirogue, un des fleuves qui se jette à l'ouest dans le canal du Mozambique. On nous avait promis un groupe beaucoup plus restreint mais neuf autres jeunes attendent le guide et on embarque tous dans un sprinter pour prendre la route pour Miandrivazo. Les paysages changent rapidement puisque l'on quitte les hauts plateaux d'Antsirabe à 1500m d'altitude pour rejoindre Miandrivazo à 100m d'altitude et à 246km à l'ouest. La route est en bon état sauf les trente derniers km parsemés de nids de poule, mais il nous faut quand même 6h pour faire le trajet, pauses comprises. Il faut dire qu'on a eu un petit incident en cours de route: alors qu'on prenait l'air sur le bord, pour faire quelques photos et marcher un peu, on a croisé, une charette à zébus et toute une famille. Les zébus étaient jeunes et n'avaient pas de sangle, ils se sont emballés, ont chargés le groupe et ont précipité la charette et toute la famille dans le champ d'à coté. Heureusement pas de blessés, mais la charette est cassée et les zébus hors de vue.

19/07: Aujourd'hui, on embarque sur les pirogues, et c'est une véritable expédition. On est cinq pirogues au total, 8 piroguiers, 2 guides, 9 passagers, plus les sacs, les provisions pour trois jours, l'eau, le materiel de camping,...L'embarquement semble faire l'attraction au bord de l'eau. A peine éloignés de Miandrivazo, le silence se fait, et le seul bruit est celui des pagaies dans l'eau. Autour des berges, de grandes plaines, quelques rizières, de grands roseaux. Lors de la pause déjeuner, pendant que la viande de zébu et le riz cuisent, l'équipe en profite pour acheter une énorme carpe à un pêcheur local et la préparent pour qu'elle séche au soleil sur la pirogue dans l'après-midi. On remonte à bord jusqu'à la tombée de la nuit où on pose le camp sur un banc de sable. Ce soir-là, on dormira sous la surveillance de cinq policiers armés jusqu'aux dents. Un groupe s'est fait attaqué la veille un peu plus bas sur la rivière, et nos guides, peu rassurés, ont demandé du renfort. Bien sûr, ils ne nous avaient rien dit et on était tous persuadés que les gardes n'étaient là que pour un pourboire et une assiette de riz, comme c'est la coutume sur la route.

20/07: Il faut croire que rester allongé dans une pirogue toute la journée est fatiguant, car la nuit a été plutôt bonne sur le banc de sable. On emmerge de nos tentes avec le soleil. Les piroguiers sont déjà en train de nous faire griller du pain au feu de bois et de découper un ananas. Installés dans nos pirogues, on admire le paysage, différent de la veille. Les berges plates se sont transformées en falaises ou en pentes peuplées de grands arbres. Malgré toutes les explications de Colbert, c'est difficile de repérer un palissandre au premier coup d'oeil ! C'est aussi l'occasion de notre première rencontre avec des lémuriens, de loin, mais c'est un début. On atteint "La cascade" pour le déjeuner. C'est un petit coin de paradis à peine enfonçé dans la forêt: une cascade et des bassins d'une eau bleue presque translucide. C'est presque avec regret que l'on reprend les pirogues l'après-midi. Soirée endiablée autour du feu. Après avoir paguayé toute la journée, les piroguiers ont encore de l'énergie pour danser.

21/07: On démarre à l'aube et dans la brume, l'ambiance parait parfaite pour se retrouver nez-à-nez avec les crocodiles qui peuplent cette partie de la rivière. Mais ceux-ci ne sont pas du même avis et ne se montreront que bien plus tard, une fois le soleil suffisamment haut pour qu'ils daignent sortir se griller sur une pierre. On quitte le doux bercement des pirogues en début d'après-midi pour goûter aux secousses du 4x4. Pour rejoindre Belo-sur-Tshiribihina, il faut emprunter un bac. Les manoeuvres sont manuelles, et difficiles.

Les Tsingy

22 et 23/06: Après trois jours sur une rivière, on a apprécié le mince filet d'eau froide de l'hôtel de Belo-sur-tsiribihina. Mais c'est déjà reparti sur la poussière des pistes. On emprunte une piste à travers la brousse pour rejoindre Bekopaka. La piste est cahotique et poussièreuse. La végétation autour est sèche ou brulée. Les cinq heures de 4*4 qu'il nous faut pour rejoindre Bekopaka témoignent de l'isolement des villages que l'on a traversé en chemin. D'autant plus qu'en saison des pluies, la piste est impraticable. Bekopaka est le camp de base pour la visite du parc national des Tsingy De Bemaraha. Tsingy signifie "sur la pointe des pieds", car ce sont des formations de roches calcaires acérées. Il existe plusieurs circuits dans les petits Tsingy et les grands Tsingy. C'est pour nous l'occasion de deux jours de randonnée, grimpette, voire spéléo...

24/06: Il faut bien revenir de Bekopaka, et c'est donc une journée de 4*4 qui nous attend. Mais, en fin d'après-midi, on rejoint le coin des baobabs. D'abord, le grand baobab sacré, vieux de 1300 ans et dont le tronc fait 12m de circonférence. Puis, les baobabs amoureux, enlaçés. Et enfin, l'attraction phare de Madagascar, l'Allée des baobabs. On croisait jusqu'à présent les voyageurs au compte-goutte, ici ce sont des dizaines de groupes de japonais (entre autres) qui guettent le coucher du soleil appareil photo à la main. L'allée des baobabs en perd un peu sa magie.

Morondova et Belo-sur-Mer

25/07:Lendemain de diner "d'au revoir" avec nos compagnons de pirogue, on retrouve Morgan notre guide qui veux nous rendre service en organisant notre transport pour Belo-Sur-Mer. Morgan est super, mais il conserve tout de même le Mora Mora (Tranquille Tranquille) des Malgaches !! Au lieu de régler tout ce trajet la veille au soir, on se retrouve à organiser notre excursion pour rejoindre Belo ce jeudi matin !!! Après un petit déjeuner, une négociation de prix, un passage à la banque, une rencontre avec une famille belge interessée pour partager le trajet... Il est 10h (levés à 6h), on se retrouve enfin sur la plage, en compagnie de la famille Belge, gilets de sauvetage sur le dos. Car Oui, malgré la mise en garde du Lonely planet, nous décidons de prendre une pirogue des mers !! Temps de trajet estimé : entre 2 et 5 heures !! On commence par attendre la pirogue... Pas de chance, changement de moteur pour prendre en compte le poids important de tous les occupants et surtout de leurs bagages.

 Ensuite, nos trois commandants de bord (je me demande encore pourquoi il doivent toujours être aussi nombreux pour effectuer des tâches solo) nous positionnent sur la pirogue à 11h. Notre optimisme légendaire nous amène à estimer notre heure d'arrivée à Belo vers 13h car le temps nous semble calme. Pour information, je ne suis pas marin pour un sou, et le dernier ponton que j'ai foulé doit encore se souvenir de mon repas ! Nous sommes enfin sur la mer, je suis en tête de gondole. La première heure se passe parfaitement, confirmant nos espérances d'arriver pour le repas. Mais ensuite... Le ciel s'assombrit, des vagues de 2 mètres prennent vie, le bateau prend l'eau de temps en temps, et le calvaire commence !! A chaque vague, je suis arrosé. Trempé, je décide de compter le nombre de vagues pour penser à autre chose, mais je m'arrête avant 2500. Soudain, le moteur de la pirogue s'arrête devant un tout petit village en bord de mer. Nous comprenons vite que ce n'est pas Belo mais nos piroguiers nous proposent de s'arrêter sur cette plage pour aujourd'hui. Nous demandons si c'est parce que la mer est dangereuse, mais nos piroguiers nous répondent que non, plutôt pour ne pas que nos bagages prennent l'eau (nous découvrirons par la suite que les Malgaches ne disent jamais non). Nous décisons alors de continuer jusqu'à notre destination finale. Après 6 heures de navigation, Belo est en vue quand le moteur flanche! Nos nerfs craquent, tout comme notre vessie!! Soulagement, après 10 minutes de trifouillage, le moteur redémarre. Pour information, nos piroguiers avaient prévu une voile et des pagaies : on avait souscrit à l'assurance "panne moteur"! La délivrance arrive enfin lorsque nous foulons enfin la plage de Belo sur Mer : Aurélie n'attend même pas les toilettes et profite de cette belle mer bleue... On prend nos quartiers dans notre beau bungalow ecolodge, face à un superbe coucher de soleil, puis on profite de la soirée en se remémorant notre épopée avec la famille Belge autour d'un très bon repas.

26/07: Belo sur Mer est un petit paradis du bout du monde. Village de pêcheurs, on en profite pour observer la construction des boutres le long de la plage. Les artisans mettent près de 2 ans pour construire un bateau de pêche. Pour nous remettre de nos émotions de la veille, on part observer le récif coraillien proche et ses nombreux poissons à l'aide d'un masque-tuba + palmes. On termine la journée à flaner au bord de la mer, et à lire sur les transats de l'ecolodge.

27/07:Journée de retour à Morondova, mais cette fois-ci, en partant à 7h du matin, avec la mer avec nous, nous mettrons 4 heures pour rentrer. Nous profitons des délices de Morondova (surtout le restaurant "chez Alain"), dont la plage et le soleil. Reposons-nous bien et profitons car une autre aventure de transport nous attend demain...

Antsirabe

28/07 Taxi-brousse Morondava-Antsirabe: Après avoir bien profiter de l'Ouest du pays, il a fallu qu'on se décide un jour à revenir au centre. En perspective, 500km en taxi-brousse. Dans ce contexte, on était très fiers d'avoir dégoté deux places dans un sprinter, la version améliorée du taxi-brousse, avec départ à 8h, arrivée promise vers 16h. On s'était bien trompés... A 8h, on était effectivement assis dans le véhicule flambant neuf qui est même passé nous prendre à l'autre bout de la ville, mais voilà... Le sprinter entre dans la station de taxi-brousse et fait une manoeuvre impossible, en 15 étapes, pour se garer parmi les dizaines de véhicules sur le départ, passagers en attente, et taxis qui déposent les passagers à 2 mètres maximum de leur destination. On charge nos sacs sur le toit. On attend. On est les seuls à bord. Le chauffeur remonte, démarre, et va faire une autre manoeuvre impossible pour se garer de l'autre coté de la station, à 30m. On charge trois sacs, il redémarre et retourne à son premier emplacement. Il y a de plus en plus de monde qui tourne autour du sprinter mais toujours personne dedans. On démarre pour de bon à 10h.

 Au bout de quatre rues, on s'arrête déjà pour déposer un passager et en prendre un autre. On quitte enfin la ville, mais dans le village suivant, une femme nous fait signe sur le bord de la route, et on s'arrête. Ca discute, on échange de l'argent, et on charge des sacs de fouin sur le toit. Plus loin, on s'arrête à nouveau, tout le monde descend. Cette fois, c'est pour acheter des volailles. Il faut près de 30 minutes pour charger sur le toit trois gros paniers de poules, coqs, canards, plus deux dindons accrochés dessus par les pattes. On repart. On s'arrête évidemment régulièrement pour que le chauffeur glisse discrètement un billet dans ses papiers pour la police, l'armée, la gendarmerie, les motards,... Puis c'est la pause déjeuner. Le chauffeur n'a pas perdu son temps car on repart avec quatre passagers en plus, et des sacs sous les pieds. Pendant le plein d'essence un peu plus loin, les sacs de fouin descendent du toit, des passagers supplémentaires montent encore. Cette fois, c'est vraiment inconfortable. Jusque là, la route était en bon état, mais on attaque les 30km de nids de poule et le chauffeur n'est vraiment vraiment pas pressé. C'est là qu'on découvre qu'il y a aussi une poule à l'intérieur du véhicule, difficile de dire depuis quand. Il fait nuit et il reste encore 140km. A 30km d'Antsirabe, quand on voit la fin arriver, on s'arrête pour déposer un passager... dont le sac est sous les paniers de poule. Il faut tout détacher et tout rattacher. Et quand on redémarre après un quart d'heure, c'est pour faire 200m et s'arrêter prendre un vélo que l'on monte sur le toit. Enfin on entre dans Antsirabe, mais le chauffeur décide de s'arrêter pour une pause dîner. Heureusement, il y a les pousse-pousse pour nous sauver et nous conduire dans le centre... Il 21h30.

29/07: Si Antsirabe s'est surtout résumée pour nous à une ville de passage entre deux étapes, il est difficile de passer à coté de ses spécificités. C'est la troisième ville du pays mais elle ne ressemble en rien à la capitale. Beaucoup plus calme, et humaine, on n'y circule pas en taxi beige mais en pousse-pousse. Il y a d'ailleurs beaucoup plus de pousse-pousse que de passagers, et les "coureurs" attendent patiemment leurs clients, installés dans leur chaise. Antsirabe, c'est aussi une des villes les plus froides du pays, et à cette époque de l'année, les locaux ne se risquent pas à mettre les bras ou les jambes à l'air. Pour nous, moins frileux, on apprécie les vingts-cinq degrés au soleil de l'après-midi, mais on a vite la chair de poule quand on se retrouve en short dans un pousse-pousse à la tombée de la nuit. Antsirabe, c'est aussi une ville réputée pour son artisanat, depuis les objets en pierres plus ou moins précieuses, en corne de zebu, aux répliques miniatures de taxi-brousses ou aux tissus brodés. Enfin, Antsirabe c'est là où est produite la THB, LA bière, celle qui coule à flot dans tout le pays, le produit phare des brasseries STAR (qui appartiennent à Coca-cola...)

Andasibe

30/07: On quitte Antsirabe en voiture avec Brice comme chauffeur, car trois correspondances de taxi-brousse en une seule journée paraissait difficilement réalisable. C'est d'ailleurs plus facile de profiter des paysages des hauts-plateaux, et on peut observer les cultures maraichères le long de la RN7 jusqu'à Tana. On n'entre pas dans la ville et on bifurque sur la RN2 vers l'Est. Les paysages changent rapidement et on se retrouve sur une route montagneuse au coeur d'une végétation tropicale dense. On est loin des plaines sèches de l'Ouest. On fait une pause vers midi dans un petit parc animalier sur la route. Dans de grandes volières, on peut observer de très près diverses espèces de caméléons et lézards, du plus petit de quelques cm aux plus grands, jusqu'aux étranges lézards plats qui ressemblent à du bois. On voit aussi quelques lémuriens, serpents, et papillons.

On reprend la route jusqu'à Andasibe, un parc national connu pour abriter l'Indri, la plus grande espèce de lémurien. Le lieu est touristique ; c'est une des premières fois que l'on entend parler anglais à Madagascar. On a un bungalow en lisière de la forêt, c'est grand confort. On décide de prendre un guide pour visiter la réserve de Mitsinjo, plutôt que la parc national ; c'est la même forêt, de l'autre coté de la route avec beaucoup moins de visiteurs.

 Et on ne regrette pas ce choix car à la tombée de la nuit, quand la plupart des visiteurs se baladent le long de la route avec une lampe torche, notre guide Pierre nous emmène en pleine forêt à la recherche des lémuriens nocturnes. Il a l'oeil aguerri et repère dans le noir des mini-caméléons, une grenouille sur une feuille, un martin-chasseur qui dort sur une branche, un trio d'oiseaux endormis blottis l'un contre l'autre, et les fameux lémuriens. On les repèrent dans le noir à leurs yeux rouges. On trouve deux espèces : le plus petit lémurien, roux de la taille d'une souris, et une famille de lémuriens gris un peu plus gros. Ils sont hauts dans les arbres et n'apprécient pas vraiment le faisceau puissant de la lampe.

31/07: Une bonne nuit de repos plus tard, à 7h, on retrouve notre guide à l'entrée de la réserve. On reprend le chemin de la veille, de jour cette fois, et les caméléons qui dormaient sont toujours là. Mais l'objectif de la matinée est d'observer l'Indri. Au bout d'une heure de marche, Pierre repère un groupe. On s'approche. Il y a un couple, mais ils sont en train de se réveiller. Installés en haut des arbres, ils bougent doucement, s'étirent, se rendorment, s'étirent encore, se rapprochent, s'installent sur une branche pour faire leurs besoins. Ils n'ont pas l'air pressés alors au bout d'un quart d'heure, on les laisse pour poursuivre notre marche. On entend au loin d'autres groupes de lémuriens entonner leur chant du matin, un cri puissant qui sert à marquer leur territoire. Notre balade nous permettra d'observer plusieurs oiseaux, une famille de lémuriens nocturnes endormis dans un arbre, et d'en apprendre un peu plus sur le symbole de Madagascar, l'arbre du voyageur. Il est appelé ainsi car ses tiges captent et conservent l'eau. En plantant un couteau dans une tige, le voyageur peut donc boire. Accessoirement, ses grandes feuilles peuvent aussi servir de parapluie, ce qui est très utile dans la région. Les feuilles de l'arbre sont utilisées par les locaux pour réaliser les toits des maisons. On retourne ensuite voir le groupe d'Indri. On ne retrouve pas les parents mais le jeune, qui est descendu à notre hauteur pour manger. On lui donne des jeunes pousses à grignoter pendant qu'il pose pour les photos. Au bout d'un moment, rassassié, il remonte dans les hauteurs en quelques grands bonds sur le coté.

On a encore la voiture pour la journée, et Brice doit nous conduire dans l'après-midi jusqu'à Manambato, sur le canal des Pangalanes. Il pleut des trombes et la route est tortueuse. Les derniers kilomètres sont une piste "carossable" mais pas quand il pleut, et il est obligé de s'arrêter là. C'est le 4*4 de l'hotel qui vient nous chercher à la rescousse.

Le canal des Pangalanes

01/08: Nous avons passé la nuit à Manambato, dans un bungalow presque sur la plage. On ne sait pas trop où se trouve le village, mais il y a du monde qui s'affaire tout le long de la baie. L'endroit n'est accessible que par la piste que nous avons emprunté la veille, ou par le Canal des Pangalanes. Ce canal, aménagé après la seconde guerre mondiale, relie lacs et lagunes sur plus de 600km sur la côte Est. A l'origine, il a été aménagé pour faciliter le transport de marchandises dans les eaux dangereuses de la région. Nous ne sommes donc pas sur la côte, mais au bord d'un lac. Et malgré les nuages, ce n'est pas une raison pour ne pas profiter de la plage de sable blanc et des cocotiers. C'est dans une version bien améliorée de la pirogue que l'on remonte le canal pendant une heure pour rejoindre la réserve du Palmarium. Merci Colbert de nous avoir conseillé cette étape : le coin est paradisiaque. Bungalow à la lisière d'une forêt tropicale avec vue plongeante sur le lagon, plage en contrebas, et lémuriens tout autour...

02/08: Balade sur la piste des nombreuses espèces de lémuriens qui peuplent la réserve, mais aussi de la végétation: vanille, orchidées, cannelle, cacao, ananas, caféier,... C'est un vrai jardin botanique... et on a bien besoin d'explications !

 

Foulpointe

03/08: On avait arrangé un transfert en bus et bateau depuis Tamatave pour l'île Sainte-Marie. Départ prévu à 5h30 du matin. En bons élèves, on se poste devant l'hotel à l'heure avec nos sacs. Le jour se lève, les veilleurs de nuit se font relayer, la ville commence à s'animer, et on guette les bus, en se demandant d'ailleurs à quoi ressemble un bus ici puisqu'on n'en a encore jamais vu. A 6h30, on est toujours plantés là, et on se décide à rappeler la compagnie de bateau. On apprend que les bateaux ne partent pas à cause des alizées (merci d'avoir penser à nous prévenir...). On rejoint la station de taxi-brousse pour tenter notre chance avec une autre compagnie, et c'est de mieux en mieux: on apprend que les bateaux ne partent pas depuis quatre jours, que c'est d'ailleurs très fréquent, qu'il est probable qu'on reste coincés plusieurs jours sur l'île après avoir trouvé un bateau pour l'aller, et surtout que les bateaux coulent régulièrement sur cette traversée et qu'il y a des morts chaque année... tout ça en tête, et sans la moindre envie de passer la journée dans la ville portuaire de Tamatave, on décide de prendre un taxi-brousse pour Foulpointe. C'est la pire route goudronnée que l'on ait empruntée.

Le chauffeur alterne entre des pointes à 100km/h au milieu de piétons et des coups de freins pour passer les parties défonçées à 5km/h. Le vieux véhicule résiste pourtant et on descend 58km et 2h plus loin, dans la petite ville de Foulpointe.Foulpointe est en bord de mer ; c'est un lieu de tourisme réputé pour les locaux. On trouve une côte d'azur version malgache: rue commerçante où les gargottes vendent des bouées canard, plage de sable blanc et cocotiers bordée de bungalows, loueurs de transats, vendeurs ambulants de noix de coco, gateaux, crevettes, palourdes, colliers, tresses, massages, chapeaux,... et animations pour les jeunes sur la plage avec trampolines, manège, jeux pour ados en musique, foot,... Ca nous amuse beaucoup de se balader au milieu de toute cette animation et de profiter un peu de la plage. On teste les noix de coco coupées à la machette, les gâteaux et beignets à la coco. Par contre, les vendeurs de palourdes nous laissent perplexes: on ne comprend pas ce qu'ils proposent avec leurs sacs de palourdes et leur produit vaisselle. On finira par comprendre qu'ici les palourdes se mangent crues avec de la vinaigrette... transportée dans un pot de produit vaisselle. L'inconvénient de la côte Est à cette période : c'est venteux et pluvieux. On finit l'après-midi par une évacuation de la plage en courant sous une grosse radée.

04/08: Les bateaux ne partent toujours pas, on abandonne l'idée d'aller à Sainte-Marie, et on reste une journée de plus à Foulpointe. On prend des vélos pour la matinée afin de visiter un ancien fort où le ciment a été remplacé par du coquillage broyé et du blanc d'oeuf, et pour faire un tour dans la brousse. On roule en direction du village d'Ampasibe via un chemin de terre où l'on croise piétons, vélos, poules, zébus, et à l'occasion un taxi-brousse cahotant. L'objectif était d'aller jusqu'aux cascades mais vu notre vitesse (on se sent un peu ridicules face aux locaux qui nous doublent avec leurs vélos chargés), on se contente de la balade et on fait demi-tour. Retour à Foulpointe juste à temps pour éviter les radées de l'après-midi.

05/08: Journée taxi-brousse. Le plus dur est de faire Foulpointe-Tamatave. Comme d'habitude, on est prêts à 6h mais on ne réussit à monter dans un véhicule qu'à 8h. Et avec la pluie, la route est difficilement praticable. A force de traverser les grands trous remplis d'eau, on crève. Le changement de roue est plutôt efficace malgré que la plupart des passagers n'aient pas pris la peine de descendre pour faciliter la tâche à ceux qui lèvent difficilement le véhicule. On rejoint Tamatave à 11h et on trouve presque tout de suite un taxi-brousse pour Tananarive. On n'a encore jamais vu ça : on a une vraie place entière, on démarre au bout de 10 minutes, on ne s'arrête pas faire de courses, on ne prend pas de passagers supplémentaires en route,... bon la route est quand même longue et montagneuse et on rejoint la capitale vers 19h.

Ampefy

06/08: Il faut croire qu'on commence à aimer le taxi-brousse car c'est encore au programme ce matin. On veut rejoindre Ampefy, à 120km à l'ouest de la capitale. Après trois semaines dans le pays, on commence à être rodés, et on prend notre temps pour choisir un véhicule presque plein et négocier le trajet. Mais on ne peut pas tout deviner... et avant même de sortir de la ville, on s'arrête plus de 30 minutes devant une scierie pour charger du bois sur le toit. Tout le monde attend bien sagement, entassé... de quoi s'en inspirer.

On rejoint Ampefy en début d'après-midi, et on décide de profiter tranquillement du cadre idyllique et de garder la randonnée pour le lendemain. Le lieu est prisé par les familles Malgaches qui veulent quitter pour quelques jours le tumulte de la capitale. Et on comprend bien pourquoi... village paisible entouré de collines, lac en contrebas, jardin fleuri, piscine (l'eau est à 15°c mais c'est déjà bien, c'est l'hiver).

07/08:Le tour des 13 villages : c'est la première randonnée que l'on peut faire en autonomie ici. L'objectif est de rejoindre le lac Itasy, de le suivre un moment puis de revenir, tout ça en passant par 13 villages sur 17km. Il y a des marques rouges. En fait, il y a deux marques rouges au début, puis plus rien. Confiants, on avance d'un village à l'autre pendant un moment, on se repère au lac de loin. Bon, on a du faire quelques détours car on s'est retrouvés plusieurs fois en haut d'un champ ou au milieu d'une bananeraie, mais peu importe, les paysages sont superbes, et la vie le long du chemin très intéressante.

08/08: On part en voiture pour les chutes de Lily, grâce à JB et Elodie, rencontrés au bord de la piscine la veille (on pensait le faire à pied, mais après coup, on est bien contents d'avoir évité les 20km le long de la route). Les chutes de la Lily sont nommées après une jeune fille qui a disparue dans ses tourbillons. Deux jeunes du village nous guident jusqu'à une autre chute beaucoup moins populaire mais toute aussi impressionnante. Une déviation dans une petite conduite forçée permet de produire de l'électricité pour le village.

Retour à Tana en taxi-brousse, le dernier. Cette fois, on a la version "record du nombre de personnes à bord". On part à 4 par rangées de trois sièges comme d'habitude. Mais pendant les 4h qu'il nous faut pour faire les 120km, le chauffeur ne s'arrête pas de prendre du monde au bord de la route. Il y a presque deux rangées par rangées, face à face, et le vieux véhicule ne parvient plus à dépasser les 20km/h dans les montées. Par chance, on avait réussi pour la première fois à obtenir les places de devant !

Antananarivo

9-10-11/08: Quelques jours dans la capitale avant de quitter le pays. On en profite pour flaner dans les marchés (flâner n'est pas tout à fait le bon mot, car c'est un vrai sport) et visiter les alentours. Nous visitons Ambohimanga, la colline bleue, la plus importante des 12 collines sacrées autour de Tana. On y retrouve l'ancien palais du roi et un important lieu de sacrifice des zébus. Dimanche matin, nous nous rendons à la périphérie de la ville pour assister à la messe du père Pedro Opeka. Il est le fondateur de l'association Akamasoa qui oeuvre depuis 1989 pour la résinsertion des familles pauvres d'Antananarivo. Plusieurs centres, de véritables villages, ont été construit et permettent de loger, nourrir, faire travailler, scolariser, des milliers de personnes. Tous les dimanches, près de 6000 personnes sont réunies dans ce stade qui fait office d'église pour célébrer la messe en textes, danses et chants.

12-13/08: Deux jours BONUS. Nous devions faire escale à Nairobi au Kenya, mais l'aéroport de Nairobi a pris feu et l'avion n'est pas passé nous chercher à Antananarivo. Après une longue soirée à errer dans l'aéroport à la recherche d'informations ou d'un interlocuteur Kenya Airways, nous nous sommes résignés à faire comme tous les locaux à l'annonce de la nouvelle, rentrer en ville et attendre le lendemain. Le lendemain, la compagnie a bien ouvert son bureau en ville pour nous trouver un nouveau vol... il suffisait d'être patient.

Contacts et conseils pratiques

Contacts:

-> Guides fiables, compétents et très sympas, qui peuvent vous accompagner pour une journée ou un voyage entier:

- Morgan, basé à Morondava: +261 (0)34 05 173 34

- Colbert, basé à Antsirabe (Guide Formateur qui vous apprendra tout sur la faune, la flore, et le reste) : +261 (0) 34 11 096 47 colbertmada@gmail.com

-Si vous visitez le parc de Mitsinjo, en face de la réserve d'Andasibe, demandez Pierre au bureau des guides: rencontre en tête à tête avec des lémuriens, caméléons, oiseaux,... assurée, de jour comme de nuit.

-> Quelques hôtels qui valent le détour, car comme dit Colbert après nous avoir vu dormir dans une tente pendant 5 jours "Allez là-bas, c'est un endroit bien pour la lune de miel":

- Belo-sur-Mer: Ecolodge du Menabe -> http://www.menabelo.com

- Manambato: Les Accacias -> http://www.acaciasbungalows.com

- Canal Pangalanes: Le Palmarium -> http://www.palmarium.biz/

- Ampefy: Hotel Kavitaha -> +261 (0)330932599 kavitaha.ampefy@gmail.com

-> Association du père Pedro:

Association AKAMASOA - +261 202435860 - akamasoa@moov.org - www.perepedro.com

Astuces Les Sacs sur Pattes

- En posant la question "Est-il possible de faire..." : la réponse sera toujours OUI, les conditions ne sont pas forcément précisées.

- A l'Est, même en saison sèche, il pleut. Les averses sont aussi soudaines que denses. La meilleure prévision: regardez autour de vous (Les locaux sont certainement plus doués pour décrypter le ciel que nous)

- Dans le marché d'Anakely, le coin des épices est caché en plein milieu des stands couverts. Prix fixes.

- Les chauffeurs de taxi à la sortie de l'aéroport de Tana ont de belles cartes plastifiées avec des tarifs fixés. C'est le double du vrai !

- Les zébus ne sont pas tous de vieux sages dociles... attention en passant à coté.

- On n'a trouvé personne avec une bonne solution pour rejoindre Belo-sur-mer: 4*4 -> pannes fréquentes, pirogue à mer -> vous avez lu l'article, pirogue à voile -> la même en pire,.... mais ça vaut le détour quand même.

- Même en hiver, il y a des moustiques.

- Dans la brousse, les enfants demandent des bouteilles: ils veulent récupérer les bouteilles d'eau en plastique vides, car elles sont utilisées comme récipients.

- N'hésitez pas à négocier de longues minutes... Mais attention, à partir du moment où vous négociez, on ne vous lachera plus les baskets jusqu'au moment de l'achat!

- Le TEMPS est une notion TRES différente de la notre...

La vanille

Il parait que c'est très Français de s'intéresser à la cuisine d'un pays lorsque l'on voyage... et on est tout à fait d'accord. La cuisine Malgache offre de nombreuses recettes savoureuses, presque toujours à base de riz, agrémenté de zébu dans les terres ou de poissons et fruits de mer sur les côtes. Mais surtout, le climat du pays permet de cultiver des produits qui ne poussent pas en Europe: coco, ananas, corrosol, poivre, cannelle, ... et vanille. La culture de la vanille est originaire du Mexique, mais c'est maintenant Madagascar le premier producteur mondial. Le vanillier est une orchidée, qui pousse dans les régions tropicales humides. Les plantations se trouvent essentiellement dans le Nord-Est du pays. En l'absence des abeilles endémiques au Mexique, la fécondation de la fleur se fait manuellement. Les gousses sont récoltées 8 mois après la fécondation, puis immergées quelques minutes dans de l'eau à 60°C, entourées d'un tissu pendant quelques jours pour fermenter, puis séchées au soleil pendant environ deux semaines. La vanille a fait le bonheur de nos papilles ici ; voici quelques idées d'utilisation. (version imprimable)

 Bien utiliser sa gousse de vanille:

C’est beau une gousse de vanille, mais comment s’en servir ?

Munissez-vous d'un bon couteau et coupez votre gousse de vanille en deux dans le sens de sa longueur. Séparez la gousse en deux et raclez l'intérieur de cette demi-gousse à l'aide de la lame de votre couteau pour en extraire les graines. Il suffit de la longer d'une seule traite en maintenant la lame du couteau contre son pouce. Les milliers de graines ainsi obtenues se mélangeront parfaitement à votre préparation. On peut aussi récupérer les deux demi-gousses vidées, soit pour parfumer un bocal de sucre, soit pour les incorporer dans une recette mais en principe elles ne se mangent pas.

Poulet à la vanille :

Voilà la recette de l’un des plats malgaches que l’on a préféré (il y a bien le filet de zébu grillé… mais c’est quand même beaucoup plus dur à importer).

Pour environ 600g de poulet : 1/2 cuillère à soupe d’huile, 1 gousse de vanille, 25 cl de crème fraîche épaisse, Sel, poivre.

Coupez votre poulet en morceaux, puis faîtes les colorer dans la cocotte avec l’huile. Couvrez la marmite pendant environ cinq minutes, mouillez ensuite le poulet à hauteur d’eau. Ajoutez les gousses de vanille fendues en deux. Prenez soin de racler avec la pointe de votre couteau les graines des gousses. Puis ajoutez les grains ainsi que les gousses dépouillées de leurs grains avec le poulet. Après ébullition, réduisez le feu et laissez cuire trente minutes. Vérifiez si le poulet est tendre, sinon, continuez de quelques minutes la cuisson. Décantez dans un plat les morceaux de poulet cuits. Puis ajoutez dans le bouillon de cuisson la crème fraîche. Laissez reprendre l’ébullition puis laissez réduire la sauce jusqu’à ce qu’elle soit nappante. Salez et poivrez. Puis remettez les morceaux de poulet cuits dans la sauce à la vanille.

Flan à la vanille:

Un grand classique… Pour 6/8 personnes : 1 litre de lait entier, 1 gousse de vanille, 200g de sucre, 8 œufs.

Chauffer dans une casserole le lait avec la gousse de vanille fendue sur toute sa longueur. Mélangez les œufs avec le sucre à l'aide d'un fouet et y ajouter le lait petit à petit. Répartissez le tout dans des moules, disposez ces derniers dans un plat et versez y de l'eau chaude jusqu'à mi hauteur des moules. Faites cuire 45 minutes à 150 degrés, voire plus. Laissez refroidir les flans et placez-les au réfrigérateur jusqu'au moment de servir

Rhum café vanille:

Difficile de prendre un apéro à Madagascar sans un verre de rhum arrangé !

Pour 1/2 litre de rhum, brun de préférence : 1 gousse de vanille / 6 grains de café / 35g de sucre de canne

Verser le rhum dans une grande bouteille ou une bonbonnière en verre.Fendre les gousses de vanilles dans le sens de la longueur. Ajouter les gousses de vanilles, le sucre de canne et les grains de café. Bien mélanger. Conserver 4 mois à l’abri de la lumière et prenant soin de remuer le mélange toutes les semaines. Filtrer avant de servir.

Café à la vanille:

Une variante originale et facile à réaliser pour boire un café ! Pour 4 tasses de café: 1 gousse de vanille. Mettre la gousse de vanille finement coupée dans votre filtre à café et la mélanger avec votre café moulu. Allumer la cafetière et c'est prêt!